Une entrepreneure qui vise le million

C’est le pari fou d’une blonde, qui s’est lancée dans l’entrepreneuriat, sans business angels, sans levée de fonds, sans crédit bancaire, sans parents riches et sans homme de l’ombre qui la rince. La start up lancée début Janvier 2019 fonctionne pas si mal. Et comme dans la vie il faut se lancer des défis (enfin surtout s’injecter une bonne dose d’adrénaline pour casser avec la routine), alors pourquoi pas viser le million ? 

Le pari – On est le 3 Novembre 2019, je viens de fêter mes 31 ans. Je suis allongée dans mon lit un peu pompette en train de me refaire le film de ma vie. Notamment celui de la dernière année. Cela fait 10 mois que je me suis lancée. 40’000 balles sur mon compte au 1er Janvier 2019. 20’000 pour créer les statuts de ma société qui seront ensuite injectés dans la boîte et 20’000 pour survivre le temps de rentrer du chiffre. Je précise que je suis établie en Suisse – ici avec 20’000 balles vous pouvez vivre 5-6 mois (d’où l’emploi du mot survivre) – et qu’accessoirement, je suis une mère qui élève seule son enfant. Attention ! Je n’écris pas ça pour vous mettre la larme à l’œil ou prôner un réseau de maman business (wonder) woman active et fière de l’être. Je respecte ces réseaux, mais ce n’est pas mon délire. Vous comprendrez plus bas. 

Les dés sont lancés ! – Où en étais-je … Ah oui ! Retour de vacances de Noël. Nous sommes le 7 Janvier 2019. Je ne peux plus faire marche arrière. La boîte est lancée, le matériel aussi ! Enfin le minimum, soit une liste de produits/services et de prix. Pas de site internet (he non ! trop cher pour l’instant) et des cartes de visite. Autant dire (excusez l’expression) : ma bite et mon couteau. Puisque les charges vont arriver d’ici trois mois, je DOIS faire rentrer du chiffre. 

Mon business : la presse papier. Je me suis lancée dans l’édition, en d’autres termes, je produis de A à Z et j’édite un magazine papier. Là, comme beaucoup, vous allez faire les gros yeux, me trouver has been, peut-être vous moquer de moi et me dire « meuf, on est au 21ème siècle, internet tu connais ? ». Ô combien j’ai pu entendre ce genre de commentaires – ô combien il a fallu que j’hermétise (rendre imperméable pour ceux qui ne connaissent pas …) mon cerveau pour ne pas être touchée par ces critiques. Mais la « meuf » elle est pas si folle que ça. Après avoir bossé un an et demi (pour vous c’est peu – pour moi c’est énorme) dans le monde de l’édition, j’ai flairé une niche. Une niche carrément compatible avec mon amour pour le papier. 

Phase 1 : – Check !! Fin Mars 2019, le premier magazine est sorti. Moins de trois mois pour lancer 32 pages de contenu. C’est énorme ! Entre les thèmes, le design, la commercialisation (car c’est moi qui assure la vente des espaces pubs – unique financement du magazine), la coordination de l’idée jusqu’à la livraison chez l’utilisateur final j’ai cru que j’allais mourir. On aurait pu me mettre sur un brancard à la fin de ce premier volet. C’est là qu’intervient l’importance de la précision de la mère solo, car il a fallu assurer le travail avec des horaires réduits (8h30-15h). Quand vous disposez de moins de 7 heures de temps de travail par jour, chaque minute compte !!! Même aller pisser devient comme un crédit bancaire. Vous y réfléchissez à 20 fois ! Du coup j’ai rentré 20’000 balles de mandats. Bilan : 0 positif, j’ai entièrement payé cette première édition. Point négatif : il me reste 12’000 balles sur le compte perso. 

Phase 2 : début du krach – Les mois passent, mes nerfs explosent. La deuxième édition prévue pour le mois de Mai ne verra jamais le jour. C’est ce fameux moment où vous vous mettez à pleurer comme une grosse m***** en vous laissant tomber sur le sol comme un vulgaire ver de terre tout en hurlant « mamaaaaaan » ! Non, nous ne sommes pas dans une scène de dramaturgie, on peut même souligner le pathétique de la situation, votre bouledogue français qui vous regarde en est la preuve. A deux doigts de craquer, votre cerveau perd son hermétisme et tous les vilains commentaires vous reviennent en mémoire.

Non ! Ne pas craquer ! Une gifle sur chaque joue et ça repart. C’est le moment de relativiser. Il me reste 18’000 balles sur le compte pro, de quoi refaire une édition et 8’000 sur le compte perso (oui je suis plutôt fourmi que cigale). Au pire si je perds cet argent, pas grave, au moins j’aurai essayé. Puis j’irai pointer au chômage … Ah non ! je n’y aurai pas droit c’est vrai. J’aurai peut-être six mois de pénalité avant de toucher quelque chose pour avoir pris le risque de créer une société. Vous voyez le délire de notre société ? Ce qui m’inspire pour un prochain article moins doux que celui-ci. Sans commentaires. 

Phase 3 : vive le cash – Mi-Juin. C’est l’arrivée des vacances d’été de mon fils. Ma paix intérieure est revenue. Je viens de rentrer 100’000 balles de mandats pour cette édition, soit un total de 120’000 depuis le début. C’est aussi le moment ou la courbe s’inverse. Mon compte perso frôlait le krach, maintenant il sent le cash ! Il me restait 2’000 francs. Je peux enfin me verser un salaire et rester calme pour cette fin d’année. Après deux mois de vacances (oui, oui vous avez bien lu – Croatie, Côte d’Azur, Svalbard, Italie !!!!) je reprends en Septembre avec envie. L’édition suivante marche à peine mieux, celle d’après explose.

Le challenge – Le 3 Novembre 2019, de retour dans mon lit et dans mes pensées, je me lance le défi de cumuler 1’000’000 de francs de mandats en un peu plus d’un an (fiscalement je bouclerai ce défi au 31 Décembre 2020). C’est parti pour le 1 year 1 million challenge ! Pourquoi ? pour me prouver que je peux le faire. Pour me sentir vivre, exister. Pour démontrer à tous ceux qui m’ont cassé depuis mon enfance et jusqu’à hier, que je l’ai fait (gros fuck oblige !). J’écris ces lignes le 10 Mai 2020. Mandats cumulés ce jour : 630’000 (avec le corona – double gros fuck oblige) !!

Ma SAFE ZONE – Ce qui ont fait ou feront l’expérience de se lancer, vont se retrouver devant le dénominateur commun de tous, TOUS les entrepreneurs : la solitude. Un bateau possède un capitaine, pas deux. Que vous soyez associés ou indépendant, vous devrez faire face à des décisions que vous seul, vous, capitaine, serez en mesure de prendre. Des décisions parfois lourdes de conséquences. Vous pourrez en parler à vos proches, vos amis, votre moitié, votre psy ou vos associés, personne ne pourra se mettre à votre place. Alors vous allez commencer à chercher. Dans votre réseau d’abord, puis sur internet, des tips, des conseils, des personnes comme vous, qui ont des expériences, des ressentis à partager. Vous allez vous confronter à des communautés parfois fermées, à des réseaux payants et beaucoup, beaucoup de plateformes qui vous aideront au top niveau admin, mais pas forcément au niveau humain.

Pourquoi ce blog ? Ce blog est ouvert à tous. Pas de contenus payants, pas de webinairs ou de formations. Je ne suis pas là pour juger ou convaincre qui que ce soit. Je suis là pour partager mes expériences, mon vécu, ma « day to day working life » jusqu’au million et au delà ! Offrir un endroit aux entrepreneurs qui cherchent une safe zone, comme moi. J’invite tous ceux qui se reconnaitront à poster, à partager, à souffler et rigoler un coup. Parce qu’à plusieurs, on est plus fort. C’est incontestable. Alors à vos claviers !!! 

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